la femme tortue

Poésie pendue au précipice du poète (publication 2015)

Il y a des périodes dans la vie où on a plus mal au monde que d’habitude. Et le cri intérieur qui implose transforme le corps politique en ruine. Poésie pendue au précipice du poète est le résultat d’une crise aiguë de mal au monde.

En résumé on compte dans le monde les fous dogmatiques et les financiers fous. Les deux types amènent au désastre. Cependant des désespérés optimistes (troisième groupe) comptent sur la fraternité pour couper la route aux précédents... somme toute minoritaires si l’on y songe même si leur impact est saignant.

Poésie pendue au précipice du poète est donc un long cri de révolte constructive.

Même dans la tragédie antique, se glissent ici et là des notes d’espoir, une ouverture possible, une brèche dans laquelle le spectateur peut se glisser pour que s’opère la catharsis. Et dieu que j’aime le vieillard aveugle Tirésias qui me souffle tant de sagesse à l’oreille ! Si je n’ai aucune leçon à donner car je n’ai hélas pas la sagesse de Tirésias, j’ai en revanche l’obligation d’offrir une issue de secours à mon lecteur ou spectateur. C’est pourquoi le platane de L’Isle Saint George prend tant de place dans ce texte. Il représente la verticalité absolue, la transcendance, l’élégance, la dignité du vivant. Et quelquefois, lorsque la dignité de l’humain s’étiole, le recours à l’arbre est indispensable.

publication Les Cahiers de l’égaré

cahiersegare.over-blog.com


Ce texte a été présenté pour la première fois en lecture au Festival d’Avignon dans le cadre des cartes blanches de l’Espace ALya aux auteurs EAT, le 18 juillet 2014. IL fait l’objet d’une nouvelle lecture à Avignon, le 15 juillet 2016 à Présence Pasteur dans le cadre de VAPP, une manifestation organisée par EAT Méditerranée.

Création en décembre 2015 à Bordeaux, au Théâtre de la Rousselle. Voir "Mise en scène & chorégraphie"